samedi 18 août 2012

SION SE MOQUE DE L'ASSYRIE.

Le roi d'Assyrie avait commencé ses agressions contre le territoire du royaume d'Israël pendant le règne d'Ozias ( Azaria ), onzième roi de Jérusalem II Rois 15 : 17 - 19. L'assyrie était alors en voie de devenir la puissance mondiale dominante. C'est pourquoi Jéhovah, par la bouche de ses prophètes, prévint le royaume de Juda qu'il ne devait pas compter sur l'Assyrie ni contracter une alliance avec elle pour se protéger contre les ennemis de Jérusalem.
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* Non en 722/1 av. n. è., comme dans la plupart des chronologies de l'histoire profane.


Le plus grand de ces prophètes se nommait Esaïe ou Isaïe, fils d'Amots. Il commença à prophétier dans le pays de Juda aux jours d'Ozias, roi de Jérusalem. Dans sa prophétie, Esaïe mentionne l'Assyrie ou les Assyriens quarante-quatre fois, bien plus souvent que tout autre prophète biblique. Il continua de prophétiser jusqu'au règne du roi Ezéchias. - Esaïe 1 : 1.
Le roi Achaz, père d'Ezéchias, refusant d'écouter les conseils divinement inspiés que donnait Esaïe, conclut un pacte avec le roi d'Assyrie afin de se protéger contre deux conspirateurs : le roi d'Israël et le roi de Syrie. En informant le roi Achaz que cette alliance ne lui procurerait pas des bienfaits véritables, le prophète Esaïe prononça une prophétie annonçant la naissance virginale du Messie ou Christ. Esaïe déclara :
                                          " Jéhovah lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge à conçu, et elle enfante un fils, et elle lui donne le nom d'Emmanuel [ avec nous est Dieu ]. Il mangera de la crème et du miel jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien ; car avant que l'enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, le pays dont les deux rois [ d'Israël et de Syrie ] t'épouvantent sera dévasté. Jéhovah fera venir sur toi et sur ton peuple, et sur la maison de ton père, des jours tels qu'il n'y en a pas eu de semblables depuis le jour qu'Ephraïm s'est séparé de Juda [ en 997 av. n. è. ], - le roi d'Assyrie." - Isaïe 7 : 14 - 17, AC.
 Par ces paroles, Esaïe fit clairement comprendre au roi Achaz qu'en réalité le pays d'Emmanuel était menacé, non par la conspiration des rois d'Israël et de Syrie, mais par le roi d'Assyrie, la Deuxième Puissance mondiale Esaïe 7 : 18 - 20; 7 : 7 , 8. En 740, Samarie la capitale du royaume d'Israël, fut prise par les Assyriens. Au moment de sa chute, Sargon II devint ou se fit couronner roi d'Assyrie, s'attribuant la gloire d'avoir pris Samarie, la capitale d'Israël. Cette victoire assyrienne eut lieu pendant la sixième année du règne du fils d'Achaz, savoir Ezéchias, roi de Jérusalem II Rois 18 : 9 - 12. Durant le règne de Sargon II, roi d'Assyrie, cette Deuxième Puissance mondiale atteignit l'apogée de sa grandeur. Le prophète Esaïe annonça que Sargon subjuguerait l'Egypte et l'Ethiopie, et emmènerait des captifs Esaïe 20 : 1 - 6. L'histoire profane rapporte que Sargon II leva un tribut sur l'Egypte, la puissance mondiale précédente.
Jusque-là Babylone avait été assujettie à l'Assyrie et avait payé tribut à cette Deuxième Puissance mondiale, mais pendant le règne de Sargon II, un mouvement s'organisa en vue de la libération de Babylone. Un Chaldéen du nom de Mérodac-Baladan se fit proclamer roi de Babylone. Sargon, roi d'Assyrie, tenta de réprimer cette rébellion, mais la bataille qui s'en suivit n'eut pas, semble-t-il, une issue décisive, de sorte que Mérodac-Baladan demeura roi de Babylone. Quelques années plus tard, Sargon marcha sur Babylone, en chassa Mérodac-Baladan et se fit couronner roi de cette ville, position qu'il occupa jusqu'à sa mort. Son fils Sennachérib lui succéda sur le trône d'Assyrie. Une fois encore, les Babyloniens se révoltèrent et se donnèrent de nouveau pour roi Méroda-Baladan. Ainsi, les Assyriens eurent à nouveau des difficultés avec les Babyloniens. Le roi Sennachérib chercha donc à renverser Mérodac-Baladan.
Sennachérib, roi militariste, était avide de nouvelles conquêtes. Son père, Sargon II, avait pris Samarie, la capitale d'Israël, pendant la sixième année du règne d'Ezéchias, roi de Jérusalem. A présent, Sennachérib désirait vivement ajouter la ville sainte de Jérusalem à ses trophées de guerre, d'autant plus qu'Ezéchias essayait de se dégager de l'alliance que son père, le roi Achaz, avait contractée avec l'Assyrie.
Dans la quatorzième année du règne d'Ezéchias, le roi Sennachérib marcha contre lui. Il " monta contre toutes les villes fortes de Juda et s'en empara". Le roi Ezéchias l'éloigna de Jérusalem pour un temps en acceptant de lui donner une forte somme d'argent en guise de tribut. Plus tard, Sennachérib, occupé à mettre le siège devant Lakis, ville de Juda, envoya des commandants militaires à Jérusalem pour demander la reddition de la capitale. Se tenant à l'extérieur de la ville, ils sommèrent les hommes qui se trouvaient sur la muraille de capituler et de ne plus mettre leur confiance en Jéhovah, le Dieu d'Ezéchias, car, dirent-ils, jusqu'alors aucun dieu n'avait été capable de résister victorieusement au conquérant Sennachérib. Dans la détresse, Ezéchias demanda au prophète Esaïe de prier Jéhovah. Par la bouche d'Esaïe, Jéhovah répondit au roi Ezéchias qu'il obligerait le roi d'Assyrie à retourner dans son pays, où il mourrait, frappé par l'épée. - II Rois 18 : 13 à 19 : 8, AC.
La délégation militaire assyrienne, dont le porte-parole principal se nommait Rabschaké, vint rejoindre Sennachérib, occupé maintenant à assiéger une autre ville de Juda : Libna. Le roi assyrien envoya de nouveau à Jérusalem des messagers porteurs de lettres rédigées en termes très humiliants pour le Dieu d'Ezéchias. Après avoir pris connaissance du contenu injurieux de ces lettres d'intimidation, le roi Ezéchias monta au temple de Jéhovah, déploya les lettres devant Jéhovah et lui demanda dans une prière de le sauver. Profondément touché de l'insulte faite à son Dieu, Ezéchias pria ainsi : " Maintenant, Jéhovah, notre Dieu, délivrez-nous de la main de Sennachérib, et que tous les royaumes de la terre sachent que vous seul, Jéhovah, êtes Dieu. - II Rois 19 : 8 - 19, AC.
Par l'intermédiaire d'Esaïe, Jéhovah assura le roi Ezéchias qu'il avait entendu sa prière. Puis Jéhovah s'adressa à l'orgueilleux roi d'Assyrie et lui dit : " Elle te méprise, elle se moque de toi, la vierge [ que tu n'as pu prendre ], fille de Sion ; elle branle la tête derrière toi, la fille de Jérusalem. Qui as-tu insulté ou outragé ? Contre qui as-tu élevé la voix, et porté les yeux en haut? Contre le Saint Israël ! Par tes messagers tu as insulté Jéhovah (...). Parce que tu es furieux contre moi, et que ton arrogance est montée à mon oreille, je mettrai mon anneau à tes narines et mon mors à tes lèvres, et je te ferai retourner par le chemin par lequel tu es venu."
Jéhovah donna alors à Ezéchias un signe par lequel il saurait que cette parole s'accomplirait sur le roi d'Assyrie et que des conditions paisibles seraient rétablies dans le pays de Juda. Par suite de l'invasion de Sennachérib, les Israélites n'auraient aucune récolte cette année-là, la deuxième année ils ne sèmeraient ni ne récolteraient, mais la troisième année ils cultiveraient la terre en paix et moissonneraient. " Car de Jérusalem il sortira un reste, et de la montagne de Sion des réchappés. Voilà ce que fera le zèle de Jéhovah des armées." II Rois 19 : 20 - 31, AC.
D'après la chronologie biblique, cette " seconde année" était la sixième année sabbatique du cycle jubilaire, année au cours de laquelle les Juifs devaient laisser le pays que Dieu leur avait donné jouir d'un repos ou sabbat. - Lévitique 25 : 1 - 12.
Enfin, Jéhovah assura Ezéchias que le roi d'Assyrie ne réussirait pas à s'approcher de Sion ou Jérusalem pour l'attaquer, mais qu'il rentrerait chez lui après avoir échoué. " Je protégerai cette ville pour la sauver, à cause de moi et à cause de David, mon serviteur."
La nuit tomba, nuit d'angoisse pour Jérusalem! Mais le lendemain matin, le sol du camp des Assyriens était jonché de cadavres. Que s'était-il passé ? " Cette nuit-là, l'ange de Jéhovah sortit et frappa dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt-cinq mille hommes." La Bible ne précise pas quelle distance séparait le camp assyrien de Jérusalem. Quoi qu'il en soit, aucun assaut ne fut livré contre " la vierge, fille de Sion", " la fille de Jérusalem". Humilié, le roi Sennachérib battit en retraite vers Ninive, sa capitale, afin de consulter son faux dieu Nisroc. Pendant que Sennachérib se retirait vers le nord, la " fille de Sion" se moqua de lui et hocha le tête derrière lui. Elle était heureuse de voir que son Dieu, Jéhovah, avait démontré sa souveraineté universelle au détriment de l'Assyrie, la Deuxième Puissance mondiale, et prouvé que lui seul est Dieu. - II Rois 19 : 32 - 37, AC.
Pour Sennachérib, cependant, Babylone posait encore des problèmes, car Mérodac-Baladan se dressait toujours en rebelle. Il cherchait des alliés afin de briser la domination du roi d'Assyrie sur Babylone. Méradac-Baladan avait appris que quelque temps avant que Jéhovah ne délivrât
 Jérusalem de la main de Sennachérib, le roi de cette ville avait été malade à mourir, mais qu'il s'était miraculeusement rétabli. En effet, dans la quatorzième année de son règne, Ezéchias souffrait d'un ulcère malin. Par la voix d'Esaïe, Jéhovah avait dit à Ezéchias qu'il devait se préparer à mourir. Mais à cette époque-là, Ezéchias n'avait pas de fils pour assurer la succession au trône, et de ce fait la lignée royale de David qui passait par lui risquait d'être interrompue. Il avait prié avec larmes pour que sa vie fut épargnée, et dans sa miséricorde Jéhovah avait écouté sa prière, en lui promettant de prolonger sa vie de quinze années et de lui donner un signe miraculeux en gage de cette promesse. Ezéchias se rétablit donc, et la troisième année après sa guérison, il eut un fils appelé Manassé. A l'âge de douze ans, Manassé succéda au roi Ezéchias, dont le règne avait duré vingt-neuf ans, compte tenu des quinze années de sursis. - II Rois 20 : 12 ; 21 : 1 ; Esaïe 38 : 1 à 39 : 1.
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